Contexte et problématique

Publié le par Association des Juristes Berbères de France

L'Ecole française traverse une véritable crise de l'identité. Ce diagnostic est largement partagé. Il suffit d'observer le nombre de débats qui ont lieu actuellement sur l'école, la carte scolaire, l'échec scolaire, la violence, la place des parents, l'orientation, l'enseignement de l'Histoire... Ces questions ne sont pas totalement nouvelles, notamment celles qui concernent les phénomènes d'incivilités et de violence scolaire. Il faut rappeler que l'école a  longtemps été considérée comme un véritable sanctuaire et que tous les problèmes étaient gérés en interne. Par exemple, les phénomènes d'incivilité ou de violence étaient vus comme des comportements indisciplinaires, et relevaient donc uniquement du conseil de discipline de l'établissement.

L'aggravation de la situation a contraint l'Ecole non seulement à faire état des difficultés qu'elle rencontrait mais aussi à faire appel à des partenaires extérieurs (police, justice, éducateurs, services sociaux, associations...) pour prévenir et agir sur ces phénomènes. Le recours au professionnel de la police et de la Justice ont nécessairement introduit dans le débat scolaire  la dimension de l'enjeu de la Loi en tant que cadre de régulation des relations interpersonnelles mais aussi en tant que mode de sanction des comportements déviants qui troublent le vie scolaire. Ces actes que l'on considérait jusqu'à là "actes indisciplinaires" se voient qualifiés "d'infractions" au sens pénal du terme, et donc relevant aussi de la justice pénale des mineurs.

C'est dans ce cadre, que l'AJBF a dès, 1991, entrepris un travail en direction des établissements scolaires qui l'ont sollicité. Des juristes et avocats de cette association interviennent depuis cette date dans les classes sur la problématique de la Loi. Ces interventions se déroulent dans les établissements scolaires (écoles primaires, collèges et lycées) situés dans les quartiers classés en "Zone d'Education Prioritaire" ou en "Politique de Ville", notamment en Seine-Saint-Denis et Paris, et ponctuellement dans d'autres départements franciliens ou en Province.

Le développement de cette action est la forte demande des établissements scolaires posent la question de savoir en quoi cette action qui utilise le droit comme vecteur d'éducation à la citoyenneté est vraiment pertinente ? A quelles attentes et besoins éducatifs peut-elle répondre ? En quoi l'apprentissage du droit est susceptible d'améliorer la vie dans les classes et les établissements scolaires, et plus généralement de modifier  le comportement des élèves ? L'intervention d'acteurs ou de professionnels du droit issus de l'immigration peut-elle avoir une influence sur les attitudes et comportements des élèves dont les parents sont issus de l'immigration ?
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Publié dans Citoyenneté

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